Albert Piltzer, l’entrepreneur au service des autres

C’est l’envie de faire et le besoin de partage qui ont poussé Albert Piltzer à l’entrepreneuriat. Il revisite le mythe de la société qui démarre dans un garage avec sa société de location de matériel audiovisuel SosCiné. Rencontre avec un entrepreneur généreux qui donne de nombreux conseils pratiques à tous ceux qui veulent se lancer.

Comment es-tu devenu entrepreneur ?

Il y a quelques années, j’étais comédien de théâtre. Puis, j’ai mis un pied dans le cinéma par la distribution de films. J’ai découvert un milieu avec beaucoup de gens qui ont envie de créer mais peu de moyens, notamment pour le matériel. Le secteur est dominé par quelques gros acteurs et il y avait un créneau à prendre. Au départ, j’ai fabriqué des lumières tout seul dans un atelier d’artiste. Je louais la mezzanine à une société d’informatique pour me payer le loyer, je dormais dans mon matériel et je me lavais dans la salle de sport à côté. Je connaissais la galère en tant qu’intermittent du spectacle, ça faisait partie de mon quotidien. C’est comme ça qu’est née SosCiné en 2015. Aujourd’hui, elle regroupe 7 salariés et diverses activités.

Quelles activités as-tu développé au sein de cette structure ?

SosCiné loue tout le matériel nécessaire à n’importe quel projet audiovisuel à prix abordables. En 2018, nous avons équipé 3500 projets, principalement des clips, des courts métrages, des films d’étudiants, des publicités et de la vidéo d’entreprise. Notre ambition est de rendre les outils de l’audiovisuel accessibles à tous. Du môme de cité qui veut réaliser un clip de rap à l’entreprise du CAC 40 qui construit un film institutionnel, en passant par l’étudiant en BTS audiovisuel qui a besoin de réaliser un premier film pour décrocher un contrat, nous aidons toutes les personnes qui ont un projet audiovisuel parce que la vidéo est devenue le meilleur moyen de communiquer.

C’est dans l’ADN de SosCiné d’aider les personnes qui en ont besoin. Par exemple, j’anime un Facebook Live tous les dimanches matin à 11h qui aborde aussi bien les points techniques du secteur que les problématiques auxquelles sont confrontés les entrepreneurs. En fait, je donne ce que j’aurais aimé recevoir quand j’ai débuté. J’ai besoin d’être en lien avec les autres et de me sentir utile, d’être un rouage indispensable entre celui qui veut faire et son besoin. La prochaine étape est la création d’une plateforme communautaire de vente de matériel !

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un bon entrepreneur est au service des autres. Il comprend qu’il n’est pas sa société, il sait déléguer et surtout reconnaître le talent chez les autres pour leur donner du pouvoir.

Être entrepreneur ne signifie pas rester dans la cuisine quand on fait des gâteaux, mais trouver la bonne personne qui fait des bons gâteaux, voire meilleurs que toi, pendant que tu vas développer une nouvelle activité.

Ce n’est jamais bon de rester au même poste dans sa société pendant des années. Un entrepreneur qui veut changer le monde cherche à gagner de l’argent pour le réinvestir dans d’autres projets, pour continuer de créer et d’embaucher.

Quels conseils donnerais-tu à un futur entrepreneur ?

Cela n’a jamais été aussi facile d’entreprendre qu’en ce moment. Alors il faut se lancer ! Les entrepreneurs sont beaucoup moins seuls, les nouvelles technologies facilitent les liens si on sait s’en servir. Une personne dans l’Ardèche peut créer un site de dropshipping avec l’Asie et un YouTuber qui habite en Islande pour faire sa promo.

Un premier conseil : si tu ne sais pas te lever à 6h du matin, ne monte pas ta société ! Il ne faut pas compter ses heures et être très régulier. Un deuxième conseil : ne jamais se décourager. Quand j’ai lancé mon Facebook Live, j’avais 10 personnes qui n’osaient pas chatter en direct. Maintenant, chaque live réunit entre 1 500 et 3 000 vues.

Un autre conseil : quand tu démarres ta société, le but n’est pas de gagner de l’argent pour toi mais d’être assez rentable pour pouvoir investir dans un autre projet. Dernier conseil : se faire confiance ! Je trouve que les entrepreneurs se posent des limites tout seuls. J’entends souvent « Il me faut ceci pour réussir » ou « quand j’aurais cela, je pourrais atteindre mon objectif ». Les limites ne sont que dans nos têtes, il ne faut pas se limiter.

Et il y a un truc formidable : les livres ! Quand je découvre une notion ou qu’un concept m’interpelle, je cherche sur Wikipédia et je lis au moins un livre rattaché au sujet.

Quel livre t’a particulièrement marqué ?

« Théorie de la justice » de James Rawls, publié en 1971. Ce livre réconcilie justice sociale et efficacité économique. Je lis beaucoup de vieux livres. Il ne faut pas lire que les derniers livres à la mode parce que souvent, les vieux ont déjà tout décrit.

 

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