Cyrielle Jacques, photographe de l’humain

Photo couverture Cyrielle Jacques

Cyrielle Jacques est photographe et surtout entrepreneure. Rencontre avec une photographe de l’humain qui nous décrit sa vision de l’entrepreneuriat.

Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneure.

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

Après un diplôme de conception visuelle, que j’ai financé seule, j’ai d’abord travaillé en agence de pub mais c’est dans l’enseignement des arts appliqués que je me suis épanouie pendant 3 ans. Effectivement, cette étape de ma vie a été un pilier aussi bien dans la manière de gérer différentes classes, que dans le fait d’apprendre à parler en public, apprendre à travailler en équipe….

Sans m’en rendre compte, j’ai toujours baigné dans l’image. Mon père a été photographe pour l’armée, et mon grand-père était déjà passionné de photo. Mon chemin était lié à l’image mais la grande découverte a été l’apprentissage de la photographie. Tout est devenu simple, comme si ma place était là… une évidence.

Si je décide d’être photographe, c’est pour en vivre !

Donc je suis devenue entrepreneure et j’ai créé une activité de photographe : les Parisiennes Photographes.

Quelle est la mission de ta société ?

Ma mission est de valoriser les personnes en photo. J’aime raconter l’histoire des gens à travers la photo. Je fais de la photo vivante pour les entreprises comme pour les particuliers.

Différents événements arrivent dans une vie et peuvent la bouleverser. Le décès de mon père, lorsque j’avais 22 ans, m’a fait comprendre que la vie est éphémère, que rien n’est figé. La vie change et elle change vite. Mon travail photographique s’articule beaucoup autour de cette idée d’immortaliser pour ne jamais oublier. Je pense que cette façon de penser me rend vraiment différente.

J’ai l’impression de faire des clichés pour montrer le meilleur parce que demain tout peut changer.

Raconter la vie des autres a été ma priorité pour laisser des traces et ne pas oublier d’où on vient et qui on est. L’humain est toujours au centre de mon projet. Cela fait maintenant 8 ans que je photographie l’émotion avec beaucoup de générosité et d’implication. Le talent ne suffit pas, le rapport humain est indispensable. Aimer les gens est essentiel.

L’attitude représente 50 % du travail.

C’est tout bête mais être à l’heure, être souriant, être discret en restant visible, remercier les gens, etc., tout cela est très important pour moi. Je donne ce que je veux recevoir et je reçois autant que je donne. Je me souviens par exemple de la soirée des 7 ans de ma société où j’ai invité mes clients, uniquement pour les remercier d’être là et d’avancer avec moi. Savoir dire Merci est très important !

La reconnaissance est un point essentiel de la réussite.

D’ailleurs, j’ai envie de développer une nouvelle activité pour aider les gens d’ici quelques années : la photo thérapie ! Certaines personnes ont du mal à se voir tels qu’elles sont. Je vais me former à l’art thérapie, tout en gardant la photo comme fil conducteur et développer la photo thérapie pour aider ces personnes en mal avec leur image. Chaque personne est belle, j’y crois vraiment.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur est quelqu’un qui est passionné par son projet, qui croit en son projet et qui prend des risques pour son projet. Son projet, c’est sa création. Il le défend corps et âme parce que ce projet le rend vivant. L’entrepreneuriat est une raison d’être, une raison de se lever le matin.

L’entrepreneuriat m’a permis de créer mon monde qui me ressemble.

J’ai réussi à avoir des clients fidèles, généreux et reconnaissants. Être entrepreneur, c’est aussi sortir et rencontrer, parler, échanger, marquer les gens, c’est une attitude à adopter.

Qu’est-ce que tu donnerais comme conseils à un entrepreneur ?

D’abord, il faut être bien accompagné et bien entouré. Que cela soit pour ta banque, ton expert-comptable, tes amis, et surtout la famille. Le premier cercle est très important surtout quand tu démarres.

Ensuite, il ne faut pas être trop pressé et trop gourmand. Les choses doivent être bien mises en place. Chaque chose en son temps. Par exemple, j’ai d’abord construit mon projet pendant un an, avant de le lancer.
Il faut évoluer en même temps que ton projet et être crédible. Ton projet n’est pas là que pour te donner des prestations. Le rapport humain avec les clients est primordial. Mes clients sont aussi fiers de ma progression que moi. 

Enfin, il est intéressant d’intégrer un réseau. Moi, je fais partie du BNI mais il y a plein de réseaux professionnels à intégrer plus ou moins axés sur le business. Je n’ai aucun conseil pour trouver le bon réseau, mais un réseau, c’est très important pour être entourée de personnes qui peuvent t’aider parce qu’on a tous besoin des autres. Si tu es bienveillant avec les autres, les autres t’aideront. Tout devient plus simple avec un réseau.

Conseil bonus : savoir anticiper. On n’a pas la même énergie à 40 ans qu’à 20 ans donc il faut bien prévoir l’évolution de son métier.

Quel est le dernier livre t’a marqué ?

J’ai adoré « La tresse » de Laetitia Colombani, conseillé par ma grand-mère. Ces trois femmes, dans trois pays différents, à des âges différents, ont une force de vie énorme pour s’en sortir. Ce livre nous montre à quel point nous sommes tous interdépendants dans le monde. Il apprend aussi à savoir positiver, à toujours tirer le meilleur de la situation et la résilience.