Dominique Bissot, l’entrepreneur de la location de jouets

Il n’y a pas d’âge pour entreprendre. Pour Dominique Bissot, son idée était plus forte que sa crainte d’échouer. Alors à plus de 40 ans, et en restant salariée à temps complet, elle lance KidsBox, des abonnements pour louer des jouets d’enfants. Rencontre avec une entrepreneur luxembourgeoise de l’économie circulaire.


Comment écris-tu « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneur. Comme médecin, dentiste, banquier… C’est une fonction non-genrée.


Comment es-tu devenue entrepreneur ?

À partir de 2010, j’ai créé deux sites internet autour de l’enfance mais de manière ludique, sans idée d’en vivre directement. C’est une réflexion générale sur l’évolution de nos habitudes de consommation et une prise de conscience des enjeux environnementaux qui m’ont apporté l’idée. D’un côté, je voyais le principe des box se développer. D’un autre côté, je voyais les jouets de mes enfants s’accumuler. Il y avait quelque chose à faire dans le domaine de la location des jouets.

À un moment, l’idée est plus forte que la crainte de se planter.

Il fallait que je le fasse sinon j’aurais eu beaucoup de regrets de ne pas avoir essayé. Tout en restant salariée, j’ai développé le concept de KidsBox. Donc mes journées sont très longues.

Je suis devenue entrepreneur après mes 40 ans.

J’ai suivi le programme de l’accélérateur de startups Nuyko à Luxembourg. Ils m’ont mise en relation avec beaucoup de personnes de l’écosystème entrepreneurial. Et je rencontre toujours deux fois par mois un mentor qui partage son expérience et qui me donne de nombreux conseils.

Ma prochaine étape est de trouver un associé qui pourra m’épauler sur la stratégie de l’entreprise.


Quelle est la mission de Kidbox ?

KidsBox propose de louer des boîtes thématiques de jouets pour les enfants de 0 à 8 ans. C’est un abonnement qui permet de recevoir tous les mois des nouveaux jouets adaptés à l’âge de l’enfant. Et tous les mois, les parents renvoient les jouets reçus dans leur dernière boîte sans frais de livraison.

La mission de KidsBox est de développer l’économie circulaire des jouets pour enfants.

Au lieu d’acheter des jouets qui s’entassent dans les chambres et qui ne sont plus utilisés au bout de quelques temps, il est plus écologique de les louer. L’économie circulaire permet de réduire la production de jouets et d’allonger la durée de vie des jouets.

KidsBox sélectionne les fabricants en France, en Espagne et en Suède qui produisent des jouets principalement en bois. Seuls quelques jouets contiennent du plastique recyclé. Les parents peuvent ainsi sensibiliser leurs enfants dès leur plus jeune âge aux enjeux environnementaux grâce à ces jouets.

Les boîtes KidsBox ont chacune une thématique particulière qui est décrite en quelques lignes mais sans précision sur la nature des jouets et des jeux à l’intérieur. Les boîtes conviennent aussi bien aux filles qu’aux garçons. Un exemple : la box sur l’égalité peut contenir un jeu des 7 familles avec uniquement des femmes inspirantes ou un memory sur la féminisation des métiers. Ces deux magnifiques jeux sont conçus par l’entreprise française Topla, de Héloïse Pierre.


Quel regard portes-tu sur l’évolution de la consommation ces dernières années ?

Il y a eu trop d’excès dans la consommation ces dernières décennies.

Il me semble que la prise de conscience environnementale se généralise.

J’habite au Luxembourg et depuis le 29 février 2020, tous les transports publics sont gratuits dans tout le pays, les bus comme les trains. Les entreprises ont aussi commencé une réflexion sur leur impact environnemental. Les particuliers commencent à s’y mettre.

L’école joue un rôle dans cette prise de conscience collective. Au Luxembourg, les enfants sont sensibilisés lors de cours “vie et société”.


Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur a toujours une volonté de créer. Il a une idée et il fonce pour développer son idée jusqu’au bout. Souvent, une entreprise commence avec une seule personne qui doit se débrouiller pour monter toute la chaîne de production de A à Z : trouver un local, trouver des fournisseurs qui correspondent à ses valeurs, trouver des clients, trouver un comptable, etc. Il voit toute la face cachée de l’entreprise dont le salarié n’a pas toujours conscience.

L’entrepreneuriat, ce sont des hauts et des bas et surtout de beaucoup de questionnements.

Quelqu’un qui développe une idée pour monter une société se posera toujours mille questions.


Quel livre t’a marqué profondément ?

Je lis beaucoup moins depuis que j’ai lancé KidsBox, à mon grand désespoir. J’ai adoré la biographie de Bernard Arnault par Airy Routier : « L’ange exterminateur ». De son enfance à Roubaix à la création de son empire actuel, c’est intéressant de se rappeler qu’il est parti de pas grand-chose. C’est un visionnaire sur de nombreux sujets qui a certainement rencontré les bonnes personnes au bon moment. Il n’a pas toujours été la première fortune de France !

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