Farzaneh Zia Fathy, l’entrepreneure aux nombreuses vies

Photo couverture Farzaneh Zia Fathy

De l’Iran à la France en passant par l’Angleterre, des poupées au bâtiment en passant par l’informatique, rencontre avec Farzaneh Zia Fathy, qui partage son parcours entrepreneurial très varié.


Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneur. Je ne suis pas pour la féminisation des mots. L’important, c’est l’humain.


Comment es-tu devenue entrepreneur ?

Je suis née et j’ai grandi en Iran. J’ai suivi des études de scénographie de théâtre et j’ai créé un atelier de confection de poupées, Mona et Mana. La révolution iranienne a tout changé, je ne pouvais plus exercer. Je suis donc partie avec mes enfants à Manchester alors que mon mari a été obligé de rester en Iran. J’y ai découvert les débuts de l’informatique qui m’ont tout de suite passionnée. Pendant mes 4 années d’études d’ingénieur, j’ai tenu un coffee shop. C’est l’une des meilleures périodes de ma vie parce que j’ai tout appris, je me suis construite avec ce coffee shop, et, surtout, j’ai développé ma confiance en moi.

J’ai toujours eu une forte capacité d’adaptation. Aucun événement ne m’a empêché d’avancer.

De retour en Iran, j’ai terminé mes études d’ingénieur par correspondance, j’ai divorcé et je suis devenue salariée du ministère de l’urbanisme. Cela m’a permis de suivre une formation à Paris où j’ai rencontré Kambiz Farooghi, un architecte qui est devenu mon mari et mon associé et je suis venue vivre à Paris avec mes enfants. J’ai créé plusieurs entreprises, dont une société de vente de matériels informatiques, CA Tech que j’ai gardé 17 ans. Pendant ce temps, j’ai passé un diplôme de conseil en management à l’IAE de Lyon.

Aujourd’hui, je suis à la tête de KA Constructions, une entreprise de bâtiment, tout corps d’état, la rénovation et l’aménagement pour les professionnels et particuliers et également de Surfy, une solution digitale pour optimiser le pilotage de l’environnement de travail.


Quelles autres activités as-tu développées ?

J’ai créé un club d’entrepreneuriat au Féminin de CGPME du 94 avec deux autres entrepreneurs. Grâce à ce club, j’ai fait la connaissance d’une personne avec qui j’ai créé un centre d’affaires à Chennevières-sur-Marne pour que les entrepreneurs, surtout les femmes, puissent disposer d’un lieu accueillant. À côté, on a créé une association pour aider encore plus les femmes : l’ARF 94. Le centre d’affaires a fermé en 2018, mais cette association existe toujours. Je suis aussi conseillère aux conseils de Prud’hommes de Paris.


Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur est une personne courageuse qui prend des décisions instantanées.

Un chef d’entreprise doit savoir tout ce qui se passe dans son environnement pour pouvoir prendre des décisions rapidement. Il ne peut pas hésiter. Et s’il prend une mauvaise décision, il doit assumer son choix. Mais il ne peut en aucun cas bloquer un processus faute de décision.

L’entrepreneuriat est passionnant : créer, décider, trouver la bonne solution pour continuer d’avancer. Diriger une PME est agréable grâce à l’ambiance familiale et la confiance qu’il y a entre nous. La confiance est la base de toute relation.

Un entrepreneur doit être très vigilant ! Il ne faut rien laisser passer, il faut tout vérifier, il faut être présent partout, tout le temps, réactif, disponible et persévérant.


Quel livre t’a particulièrement marqué ?

Un livre passionnant : « Le bug humain » de Sébastien Bohler. Selon ce docteur en neurosciences, c’est la constitution de notre cerveau qui explique notre manque de réactions face aux grands défis : sur consommation, surpopulation, surproduction, surendettement, etc.

Si je peux en citer un deuxième : « L’école de Palo Alto : Un nouveau regard sur les relations humaines » de Edmond Marc. J’aime les livres sur les humains et leur psychologie.

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