Laura Besson fait rimer « entrepreneure » avec « valeurs »

Laura Besson est devenue entrepreneure pour défendre ses valeurs. Elle se bat aussi bien pour l’alimentation saine que pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Rencontre avec une jeune lyonnaise pleine de motivation et source d’inspiration.
Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

« Entrepreneure ». C’est un mot masculin qu’on a féminisé en ajoutant le “e” alors qu’il existe déjà un nom féminin « entrepreneuse », mais peu de personnes l’utilisent.

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

Je crois que j’ai toujours voulu être entrepreneure. Pendant mes études dans le domaine de la santé, c’était déjà une évidence que je serais libérale, indépendante, que je travaillerais seule. Comme je viens d’une famille d’entrepreneurs, je connaissais les exigences de l’entrepreneuriat. Cela demande un investissement personnel très important, ne serait-ce que financier, d’être face à soi-même tout le temps, de prendre des décisions qui ont un impact sur ton entourage, notamment le ou la conjoint.e et les enfants. Il faut un tempérament et un cadre de vie stables pour contrer l’incertitude permanente et les montagnes russes émotionnelles. Malgré tout cela, j’adore être entrepreneure.

C’est quoi un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur fait le choix d’être acteur de sa propre vie. Il part d’une idée, il la concrétise et puis il l’humanise, c’est-à-dire qu’il incarne son idée. L’entrepreneuriat nécessite une rentabilité pour pouvoir continuer, mais il s’agit surtout de défendre des valeurs.

Au-delà de mon indépendance et de ma liberté en tant qu’entrepreneure, ce qui me fait avancer, c’est de défendre mes valeurs.

Comment défends-tu tes valeurs en tant qu’entrepreneure ?

J’ai créé Santé Végé pour promouvoir l’alimentation saine. D’une part, je rends accessible les infos bio-nutritionnelles sur l’alimentation avec un blog, des ebooks et des conférences, et d’autre part, je construis un label Les produits éco responsables de la Drôme qui atteste d’une qualité nutritionnelle et d’une démarche responsable. Dans la charte du label, les initiatives favorisées concernent les producteurs bio, la permaculture, la consommation locale, les circuits courts, les producteurs d’agriculture raisonnée, les productions végétales (végétarien, vétalien, vegan), le commerce équitable, les producteurs qui tendent vers le zéro déchet, le respect de l’environnement, etc.

Quelles autres activités as-tu développées ?

Je suis également content manager, c’est-à-dire que j’accompagne les entreprises sur leurs productions et leurs stratégies de contenus. Dans ce cadre, j’ai lancé un podcast Sadharma. Une fois par mois, je discute d’égalité des sexes, avec bienveillance et objectivité, à partir d’apports théoriques aussi bien philosophiques, que politiques, littéraires, sociétaux, etc. Parfois, des témoins apportent une parole de terrain pour aborder les solutions concrètes. J’ai aussi conçu une série, « Sexisme Professionnel », qui fait parler les femmes sur leurs situations en entreprise.

Quelle est ta principale source d’inspiration ?

Mon père ! Il a été un entrepreneur dans l’automobile qui n’a jamais lâché ses valeurs, son honnêteté et son intégrité. Même à la retraite, il est encore entrepreneur à sa façon puisqu’il est acteur de sa vie et de la vie politique locale. Ce que j’admire chez lui, c’est qu’à 60 ans passés, il se bat pour ses valeurs : le partage, la solidarité, la collégialité, la citoyenneté, l’horizontalité, etc. 

Comment te formes-tu ?

Je me forme à l’école du terrain. Il y a beaucoup de choses qui ne s’apprennent pas autrement qu’en les faisant. Apprendre à ne pas s’auto censurer, apprendre à se faire confiance, apprendre à croire en sa légitimité… tout cela prend du temps et ne s’acquiert qu’en étant confronté avec des fournisseurs, des clients, avec des partenaires, etc.

Sur le plan technique, je lis beaucoup de revues scientifiques et de livres pour me faire mon propre avis sur les débats qui agitent le monde de la santé. Par exemple, le livre « Le charmant discret de l’intestin » de Giulia Enders (éditions Actes Sud) est une bonne vulgarisation du sujet.

Quels sont les livres qui t’ont influencée ?

Il a beaucoup de livres qui m’ont influencée. J’ai une admiration sans borne pour les auteurs. Deux auteurs en particulier ont changé ma vie : Beauvoir et Sartre. Leur philosophie existentialiste comme leur couple ont eu un impact très fort sur moi. En fait, ils ont réussi à mettre des mots sur qui je suis, comment j’ai été éduquée et ce que je ressens.

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