Margaux Terrou, entrepreneure et féministe

Les éditions ContentA ont rencontré une jeune femme très active : Margaux Terrou,  chasseuse de têtes à son compte. Très concernée par les disparités entre les femmes et les hommes, elle a créé un réseau professionnel de femmes et elle donne des cours sur la place de la femme.

Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneure.

C’est quoi un(e) entrepreneur(e) pour toi ?

Un(e) entrepreneur(e), c’est quelqu’un qui ose, qui n’a pas peur. Je pense que la différence entre la folie et le courage, c’est une question de perception et ça définit bien ce qu’est un entrepreneur. Là où certains vont voir la folie de se lancer dans une telle aventure, d’autres y verront le courage. Pour moi, le vrai échec, c’est de ne pas essayer. L’entrepreneuriat, c’est d’abord le désir de suivre ses envies et de s’écouter.

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

J’ai trouvé mon premier emploi en tant que chasseuse de tête en finance à Londres l’été 2015. La femme qui m’a recruté est partie 7 mois seulement après mon arrivée et je me suis retrouvée à tout gérer toute seule. Les conditions de travail étaient telles que j’avais toujours ma lettre de démission dans mon sac avec un espace laissé vide pour la date. Et puis un beau jour d’été, je me suis dit : « Mais qu’est-ce que je fais là ? » Même mon corps me disait de ne plus rester dans ce travail, alors j’ai utilisé cette fameuse lettre de démission. Je voulais tester mon degré de résilience et comprendre si ce que je vivais était juste « difficile » ou vraiment « complètement dingue ». Quand je suis rentrée à Paris, j’ai pris la meilleure décision : me mettre à mon compte en tant que chasseuse de tête. J’y ai gagné une vraie liberté : la liberté de faire ce que je veux, de travailler avec qui je veux, en fonction de mon rythme. Maintenant, mon stress n’est plus imposé par personne, c’est moi qui me le crée.

Quelles autres activités as-tu développées ?

Je suis ce qu’on appelle une « slasheuse ». Quand j’étais à Londres, j’ai cherché un peu de soutien dans les clubs professionnels pour femmes ou pour expatriés, mais rien ne me convenait. Comme on dit, « Quand tu ne trouves pas quelque chose, crée-le ! » J’ai donc co-créé un réseau d’entraide pour les femmes françaises ou francophones à Londres : Entr’elles London. Selon une étude de 2015, 91 % des conjoints d’expatriés sont des femmes. Ces femmes ont besoin d’un espace pour discuter entre elles des problématiques qu’elles rencontrent. Le club de Londres est toujours en activité et j’ai créé une antenne à Paris : Entr’elles Paris. En plus, je donne des cours sur la place de la femme dans une école de commerce et j’ai des interventions sur la place de la femme en entreprises prévues à Centrale. Je travaille actuellement sur un autre projet mais j’en parlerai quand il sera développé. Je peux seulement dire que ça tourne autour de la problématique des disparités entre les femmes et les hommes qui sont encore bien trop grandes.

Quelles sont tes inspirations ?

Toutes les femmes ! J’écoute beaucoup de podcasts, notamment Génération XX de Siham Jibril sur les femmes entrepreneures. Ce podcast a été un vrai déclencheur dans mon parcours. À force d’entendre toutes ces femmes parler si positivement de l’entrepreneuriat, ça a fini par déclencher mes envies. Je lis aussi beaucoup de livres sur le féminisme ou sur l’entrepreneuriat. J’ai dévoré par exemple « L’auto-entrepreneur pour les nuls » de Grégoire Leclercq (éditions First) entre deux livres de Simone Veil.

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