Patrick Viguier, l’entrepreneur repreneur

Patrick Viguier a décidé de reprendre une entreprise déjà bien installée pour entrer directement dans le vif du sujet. Rencontre avec un entrepreneur du bâtiment qui mise sur les relations humaines.

Comment es-tu devenu entrepreneur ?

Au départ, je pensais reprendre l’entreprise de mon père, je me suis formé pour cela, mais la vie en a décidé autrement : je me suis installé en région parisienne et suis devenu salarié. J’ai eu la chance d’occuper des postes avec beaucoup d’autonomie, d’abord dans une entreprise qui vendait du matériel de travaux publics puis dans un groupe de services aux collectivités.

J’ai besoin d’autonomie, c’est mon moteur.

Je suis entrepreneur, je ne le suis pas devenu. J’ai grandi avec deux parents entrepreneurs dans un petit village de l’Aveyron. Ma mère avait un magasin de quincaillerie et d’alimentation pour animaux et mon père avait une entreprise de construction mécanique.

En gravissant les échelons, j’ai fini par devenir directeur général et finalement j’avais moins d’autonomie que dans mes postes précédents à cause de la pression des actionnaires. Ce fût le déclic pour me lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Quelle forme d’entrepreneuriat as-tu choisie ?

J’ai choisi de reprendre une société pour être immédiatement dans l’action. Après une formation dédiée, j’ai cherché une entreprise à reprendre. Crété&Laurent a été un vrai coup de cœur. Dès la lecture du dossier en 2011, je m’y voyais parce que j’y ai retrouvé mes valeurs.

Cette société de travaux de finition intérieure et de ravalement de façade est une entreprise familiale avec une vraie histoire et une équipe au sein de laquelle je retrouve des valeurs humaines, de la disponibilité et une qualité de service irréprochable.

Quand je recrute quelqu’un, c’est 60 % de valeurs humaines et 40 % de compétences techniques.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur est quelqu’un qui décide. Il avance constamment, il s’arrête parfois, mais il ne stationne jamais. L’entrepreneuriat n’est pas lié au statut de chef d’entreprise : on peut être entrepreneur dans l’âme et salarié, tout comme on peut être chef d’entreprise sans être entrepreneur.

Être entrepreneur est une qualité intrinsèque à la personne.

L’entrepreneuriat permet la liberté même si on la paye chère : un engagement très fort, une implication importante, une énergie sans limites et des obstacles au quotidien. C’est un extraordinaire facteur de rencontres de profils de tous horizons.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir entrepreneur ?

Déjà, j’essayerais de comprendre son mode de fonctionnement pour savoir si sa personnalité est compatible avec l’entrepreneuriat. Pour certaines personnes, il vaut mieux leur conseiller de bien étudier les avantages, les inconvénients et les contraintes avant de se lancer. Si la personne a toutes les qualités pour l’entrepreneuriat, je l’encouragerais à fond. C’est ce que je fais quand je suis mentor pour de jeunes entrepreneurs.

Ensuite, je lui conseillerais de se créer, de développer et d’entretenir un réseau solide. Cela demande un engagement constant sur le long terme mais les retours sont très riches.

Quel livre t’a profondément marqué ?

Je lis très peu mais je me souviens particulièrement d’un livre : « La vérité sur ce qui nous motive » de Daniel Pink aux éditions Flammarion. Ce livre met en avant l’autonomie, le besoin d’apprendre et de s’améliorer sans cesse comme des clefs de motivation par opposition au bâton et à la carotte. Il explique par de nombreux exemples des principes qui me correspondent parfaitement.