Quentin Lefebvre, entrepreneur et artiste, pourquoi choisir ?

Quentin Lefebvre écrit des bandes dessinées, les publie, assure leur promotion et organise des événements autour du 9e art. Rencontre avec un artiste/entrepreneur.

Comment es-tu devenu auteur de BD ?

J’ai commencé à dessiner des BD quand j’avais 13 ans. Après une école d’arts appliqués, en Savoie et en Belgique, j’ai cherché des boulots dans ce milieu. J’ai même fait des lettres de motivation en BD pour décrocher un job ! En 2014, ma première BD est prête : « Handman », tome 1. C’est l’histoire d’un jeune homme qui tombe les mains en avant dans un cours d’eau. Il se brûle les empreintes digitales mais cela lui donne une force surhumaine dans les mains. Par exemple, il peut passer dans le feu, briser les murs… C’est une saga à suivre, comme Harry Potter ! Un tome me demande environ 18 mois de travail. Le dernier tome est sorti en septembre 2017.

Comment es-tu devenu entrepreneur ?

Je suis entrepreneur depuis 2013. Je donne des cours de dessin, je fais des portraits, des animations BD, j’ai aussi des partenariats avec des grandes marques. Je me souviens de la première fois que j’ai gagné de l’argent avec mes dessins, c’était très gratifiant. Quand j’ai fini ma première BD, je n’ai même pas essayé de la proposer aux éditeurs. J’ai décidé d’emblée de la publier moi-même. Et c’était parti pour l’aventure : trouver un imprimeur, démarcher les libraires, proposer des séances de dédicace, faire toute la communication, mettre en vente sur un site Internet, organiser les soirées de lancement, trouver des sponsors, etc.

Quelles autres activités as-tu développées ?

Je marche aux coups de cœur. En milieu d’année 2018, j’ai lancé un événement solidaire autour de la BD, avec plusieurs auteurs de BD, « 100 BD pour Pâques ». Nous avons collecté 100 albums pour les distribuer dans l’hôpital Couple-Enfants de Grenoble avec l’association les Blouses Roses. Quand j’étais petit, j’ai fait un séjour à l’hôpital et les BD m’ont beaucoup remonté le moral. Je voulais rendre ce que j’avais reçu.

Actuellement, je co-organise un festival de la BD à Aix-les-Bains en novembre 2019. Cela se déroulera sur le lac, sur des bateaux, avec des auteurs connus, des grands éditeurs et des BD auto-éditées. J’aime rassembler les gens et les énergies pour offrir une ouverture sur le monde. Lire, découvrir, s’ouvrir… si cela peut donner l’envie à des jeunes, c’est encore mieux.

Es-tu un artiste ou entrepreneur ?

Les deux ! Un artiste rêve, crée et à des envies fortes, exactement comme un entrepreneur. Les deux y vont à fond avec beaucoup de cœur. Pour entreprendre, il faut savoir rassembler les énergies. Je me sens vraiment artiste et entrepreneur et je n’ai pas envie de choisir.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ? 

Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui prend des risques pour des projets qui lui tiennent à cœur. Autour de moi, on me dit « c’est risqué ! », je le sais mais j’y vais à fond. Il faut aller chercher les choses qu’on veut. Certains ne veulent pas m’aider, me critiquent. Ce n’est pas grave, je continue à surmonter les obstacles. Si quelqu’un ressent au fond de lui qu’il est entrepreneur, il doit y aller. L’entrepreneuriat, c’est d’abord une histoire de ressenti.

Est-ce que tu t’inspires d’autres entrepreneurs ?

Je suis curieux de tout. Je lis beaucoup d’articles, de livres, d’essais. Pour moi Arnold Schwarzenegger est un entrepreneur, il a réussi dans 4 industries différentes : le culturisme, le cinéma, la politique et maintenant l’engagement écologique. D’ailleurs, son autobiographie est passionnante. Je suis à Paris depuis un an et je découvre de nouveaux réseaux, y compris grâce au livre « Trouver le bon job grâce au réseau » de Hervé Bommelaer (éditions Eyrolles). Maintenant, je lis aussi des magazines comme Challenges et Capital, etc.                                  

Comment tu envisages l’avenir ?

J’écris tant que j’ai des histoires à raconter, je n’ai pas prévu le nombre total de tomes de cette saga. Mes bandes dessinées ne sont pas encore publiées en numérique, c’est un projet. Le futur du livre, ce sont les histoires qu’ont les auteurs en eux et les choix que les acteurs de la chaîne du livre vont faire. Chaque format a sa valeur ajoutée, Amazon comme le petit libraire. Tous les acteurs sont complémentaires. J’ai beaucoup d’espoir pour le monde du livre : il y a encore plein d’histoires à raconter que ce soit en format papier et en numérique.

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