Sabine Dissaux, entreprendre dans l’économie collaborative

Sabine Dissaux est la fondatrice du site Internet Louer Dehors, le « Airbnb des jardins et piscines privés ». Rencontre avec une entrepreneure de l’économie collaborative.

Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneure.

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

Je suis issue d’une famille de chefs d’entreprise. C’est la vision de l’emploi que j’ai toujours eue. Après des études en école de commerce, j’ai travaillé en tant que salariée dans le domaine de l’événementiel. J’ai attendu d’avoir une idée originale pour lancer ma société Louer Dehors.

Comment est venue cette idée de Louer Dehors ?

L’idée vient d’un constat personnel. J’ai eu la chance de grandir dans une maison avec un jardin et une piscine. Arrivée à Paris pour mes études, je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile de prendre l’air lorsqu’on vit dans un studio sous les toits. Alors j’ai cherché à louer une piscine privée pour passer un après-midi tranquille, comme à la maison.

Je n’ai pas trouvé donc je l’ai fait !

Quel est le concept de Louer Dehors ?

Louer Dehors est le Airbnb des piscines, des jardins, des terrains, des terrasses et des terrains de sport privés. Avec les règles et les codes de l’économie collaborative (Airbnb, Blablacar, Drivy…) le site permet la mise en relation des propriétaires d’espaces extérieurs et des personnes en manque d’air qui louent ces espaces pour une heure, un après-midi ou une soirée, pour un barbecue entre amis, un anniversaire ou simplement un moment de détente en plein air en famille.

Pourquoi est-ce important d’entreprendre dans l’économie collaborative ?

Les modes de consommation changent. La propriété n’est plus une priorité, au profit de la disponibilité. C’est ça l’économie collaborative ! Je dispose quand j’en ai besoin, d’un appareil, d’un équipement ou d’un service. C’est une économie qui encourage des valeurs qui ont du sens pour moi : le partage, la convivialité et les rencontres. L’économie collaborative est moderne, alternative et complémentaire aux modes de consommation habituelle.

À quelles difficultés as-tu été confrontée ?

Au démarrage, il faut bien s’entourer. Ce n’est pas évident de trouver les bons prestataires, avec des compétences fiables dans des domaines qu’on ne maîtrise pas forcément. Il faut apprendre à faire confiance. Des fois ça passe, des fois ça casse.

Ensuite, comme c’est une innovation d’usage, il faut faire connaître cette nouvelle opportunité aux consommateurs et commercialiser le concept pour entrer dans les habitudes. À l’image d’un agent immobilier, il nous faut chasser des lieux avant de les proposer sur Louer Dehors. D’ailleurs, on cherche des chasseurs d’espaces un peu partout en France !

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

À l’origine, un entrepreneur est celui qui réalise les travaux d’un bien immobilier en collaboration avec l’architecte. Chacun le définit comme il veut. Un plombier en libéral peut se définir comme entrepreneur. De mon côté, je suis entrepreneure pour créer de la valeur qui me revient plus directement, pour travailler selon mes règles et mes convictions. J’avais envie de lancer une startup, c’est-à-dire de créer une entreprise avec une forte dimension digitale et une innovation, dans mon cas une innovation d’usage.

Comment te formes-tu en tant qu’entrepreneure ?

En créant une entreprise ! C’est effrayant au début, ça l’est encore aujourd’hui. Faire et oser sont les meilleurs moyens d’apprendre. J’essaye d’exploiter les compétences de mon entourage, d’écouter et appliquer leurs conseils. Je lis aussi beaucoup de presse et blogs spécialisés. Avant le lancement de Louer Dehors, le livre  « What’s Mine Is Yours » de Rachel Botsman, bible de l’économie collaborative, m’a rassuré sur l’essor de ce nouveau mode de consommation. Et d’ailleurs, elle ne citait aucune plateforme de location de jardin, il fallait donc remédier à cela !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *