Sharon Sofer, l’entrepreneure qui connecte les enfants aux startups

Après 20 ans de salariat, Sharon Sofer décide de se lancer dans l’entrepreneuriat. Avec Startup For Kids, les enfants rencontrent les startups et créent avec elles pour être mieux se préparer au monde du futur.

Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneure !

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

J’ai toujours eu une âme d’entrepreneure ! À 18 ans, j’étais présidente d’une association et je montais déjà des événements de grande envergure. Gérer une association, c’est comme gérer une société, il faut trouver des financements, manager les équipes, assurer le quotidien, etc. Pendant 20 ans, j’étais salariée dans les télécoms et les jeux vidéo. Puis vers la quarantaine, j’ai commencé à m’interroger sur le sens à donner à tout cela. En fait, l’entrepreneuriat, c’est ma crise de la quarantaine ! J’ai commencé par monter un premier projet pour faire découvrir la science aux pré-adolescents : Scientibox. J’ai beaucoup appris de cette première expérience et Startup For Kids est un pivot de cette première expérience.

Quelle est la vocation de Startup For Kids ?

La vocation de Startup For Kids est de préparer les jeunes au monde de demain. J’ai l’impression que les enfants d’aujourd’hui ne sont pas très bien accompagnés parce que les parents et les enseignants sont un peu démunis face à ce monde qui évolue très vite. On parle de digital natives pour les désigner mais ce terme est trompeur ! Certes, ils sont nés avec le numérique, mais ce n’est pas pour ça qu’ils savent s’en servir, ce sont surtout des utilisateurs passifs. C’est comme si on disait que les plus de 40 ans sont des auteurs parce qu’ils savent lire un livre.

Avec Startup For Kids, nous voulons montrer aux enfants qu’ils ont des supers pouvoirs et qu’ils s’adaptent parfaitement à leur environnement avec un peu de curiosité.

Nous sommes en train de vivre une nouvelle révolution industrielle et nous nous adapterons comme pour toutes les autres.

Pour cela, nous organisons des événements participatifs sur plusieurs jours dans un lieu d’éducation comme l’école 42, Centrale Supelec, l’université de Saclay ou un tiers lieu. On réunit une trentaine de startups ou de projets innovants et tout le monde est le bienvenu, petits et grands. Pour favoriser l’inclusion, tout est gratuit ! Startup For Kids donne la possibilité aux jeunes et aux adultes de découvrir l’innovation, des nouvelles façons d’apprendre, de développer des compétences du futur, de favoriser le travail collaboratif, leur esprit critique et surtout leur créativité. Quand un enfant participe à un hackathon, il apprend… différemment.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur, c’est le roi de la résilience ! Avoir une idée, la suivre, la concrétiser, la gérer au quotidien, etc. c’est un parcours du combattant tout le temps donc il faut être résilient. Si tu n’es pas résilient, tu ne tiens pas le coup ! Un entrepreneur est aussi quelqu’un qui sait embarquer des personnes sur son projet, qui sait faire rêver. Pour être entrepreneur, il faut être bien entouré, par la famille qui soutient et par des personnes qui peuvent te conseiller. Mais attention, comme on dit « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » donc il faut savoir prendre du recul sur ces conseils. Le mieux est de rentrer dans un réseau. Un entrepreneur doit aussi savoir mesurer les risques qu’il est prêt à prendre. Quand tu entreprends, tu as plus de chance de ne pas y arriver que de chance d’y arriver. Ce n’est pas grave mais il faut bien le garder en tête. Il faut bien prévoir pour ne pas se retrouver sans rien pour vivre au bout de 6 mois !

Comment tu te formes en tant qu’entrepreneure ?

J’assiste à beaucoup de conférences, de meetup et je regarde de nombreuses vidéos de conférences. J’ai aussi eu la chance d’être incubée par Willa by Paris Pionnières qui m’a apporté un réseau et une sororité. Désormais, je suis accélérée par Antropia de l’Essec qui me met dans le bon état d’esprit. C’est très formateur déjà parce qu’il y a des formations de qualité et aussi parce que je suis tout le temps challengée. Tout récemment, je viens d’intégrer le réseau Entreprendre qui propose un accompagnement sur la durée.

Tu ne parles pas de livres. Quel livre t’a marqué récemment ?

Je ne lis que des romans et pas de livre sur les entrepreneurs. Le dernier livre qui m’a marqué c’est « L’amie prodigieuse » de Elena Ferrante. J’ai adoré le portrait de cette société italienne des années 60, surtout les scènes qui opposent les ados nantis aux ados pauvres. Cela éclaire sur ce qu’il se passe aujourd’hui. Les gamins des quartiers et les autres gamins ne se comprennent pas donc ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Ce n’est même pas de la mauvaise volonté, c’est surtout qu’ils n’ont pas les mêmes codes.

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