Solène Cornec, fondatrice de Bobonne, le média féministe et fun

Solène Cornec est devenue entrepreneure pour faire avancer sa cause, le féminisme léger qui ne donne pas de leçon, en fondant le média Bobonne. Après une création d’entreprise au Mexique, elle a bien conscience de notre chance de pouvoir devenir entrepreneur en France.

Comment on écrit « entrepreneur » au féminin ?

Entrepreneure ! Comme auteure.

Comment es-tu devenue entrepreneure ?

J’ai fait une école de commerce à la Rochelle. Avant 2008, ces écoles nous poussaient vers le salariat. Il n’y avait pas de cours d’entrepreneuriat par exemple. Maintenant, les enseignements ont changé. L’entrepreneuriat n’est pas un rêve d’enfant, mais l’indépendance oui. Je voulais travailler toute seule mais sans savoir ce qu’était l’entrepreneuriat dont je n’avais pas encore conscience.

Après mes études, j’ai pas mal voyagé et travaillé à l’étranger. Au Mexique, j’ai monté une entreprise de marketing. Cela m’a permis de découvrir que j’aime l’entrepreneuriat mais le domaine ne me convenait plus. En parallèle, j’ai créé le blog « Blueberry » avec des billets d’humeur d’une trentenaire. J’ai aimé le côté numérique et surtout l’écriture.

En rentrant à Paris, je suis redevenue salariée dans une agence marketing, tout en continuant ce blog. Au bout de 2 ans, j’ai compris qu’il fallait que je me lance en tant qu’entrepreneure et j’ai créé Bobonne.

Peux-tu nous présenter ton média Bobonne ?

Bobonne un média féminin avec un angle féministe. Il contient des articles de fond sur le féminisme et sur les femmes, des podcasts, des billets d’humeur, des interviews et des shooting mode. Par exemple, les photos présentent des femmes de la « vraie vie », aucune photo n’est retouchée et les vêtements ne suivent pas la mode mais le style. La volonté de Bobonne, c’est que les femmes s’émancipent, prennent confiance en elles et soient plus conscientes des enjeux du monde. Le féminisme est toujours traité avec légèreté, humour et bienveillance.

La moitié des femmes que je rencontre ne se considèrent pas féministes et ne se sentent pas concernées. C’est tellement ancré dans notre culture, dans nos mœurs, dans l’organisation de notre société, qu’elles ne réalisent pas qu’elles sont victimes de discrimination au quotidien.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur est quelqu’un prêt à prendre des risques et qui a une vision.

Si tu te lances dans l’entrepreneuriat sans savoir où tu veux aller, alors attends et cherche encore ce qui te motive.

Ce qui me motive, c’est la cause ! Je veux faire passer des messages et voir leurs conséquences. Mon principal défi est de réussir à diffuser les bons côtés du féminisme sans donner de leçon.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir entrepreneur ?

D’abord, il faut être entouré. Il faut des gens qui te soutiennent moralement ou professionnellement. Personne ne se lance tout seul. Ensuite, je dirais qu’il ne faut pas avoir peur de l’entrepreneuriat, surtout en France. On est très protégé, notamment par le Pôle Emploi et le système en général. Moi qui ai monté une entreprise au Mexique, je vois bien la différence. Enfin, l’entrepreneuriat nécessite beaucoup de détermination et d’énergie. Il faut être conscient que c’est 24h/24, surtout à l’heure des réseaux sociaux. Ta communauté n’attend pas une semaine que tu lui répondes !

Mon principal conseil est d’arrêter de se mettre des limites. Les limites n’existent que dans notre tête. Et cela marche pour tout, pour l’entrepreneuriat comme pour les femmes. Prenons de la hauteur par rapport aux situations, instruisons-nous, ouvrons notre esprit, allons voir ce qu’il se passe ailleurs et lisons beaucoup.

À propos de lecture, as-tu un livre à recommander pour un entrepreneur ?

« La 25ème heure » de Guillaume Declair, Bao Dinh et Jérôme Dumont, auto-édité ! C’est le seul livre d’entrepreneuriat que je connais avec des conseils pratiques que tu peux appliquer tous les jours. Le meilleur conseil pour moi a été : « Ce qui prend deux minutes, fais-le tout de suite ! »

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