Steev Crispin, l’entrepreneur décomplexé

Steev Crispin est un “serial entrepreneur”. Ce qui le motive, c’est de concrétiser des idées. Rencontre avec un Belge installé au Luxembourg qui partage sa vision de l’entrepreneuriat et délivre des précieux conseils.

Comment es-tu devenu entrepreneur ?

Je suis né entrepreneur ! J’ai été salarié dans une maison de disques… pendant 6 mois. Ce n’était pas pour moi, j’ai besoin d’une liberté de mouvement pour être créatif. Quand on me cloisonne, je suis mauvais. Par contre, je peux bouger une montagne si on me laisse la place de le faire.

Ma première carrière était dans la musique : musicien freelance, j’ai monté des écoles de musique, des festivals, j’ai produit le premier disque de Mikelangelo Loconte et je suis rentré dans la réalisation de disques. Puis je me suis rendu compte que je pouvais utiliser mes compétences développées dans la musique dans d’autres secteurs d’activité : habiller et vendre, c’est-à-dire du marketing et du branding.

Comment utilises-tu ces compétences maintenant ?

J’ai lancé une agence de communication pour aider les TPE et PME à lancer leur marque parce que ces entreprises ont de grosses lacunes dans ce domaine alors que ce sont elles qui font tourner l’économie. ColorWorldNetwork est née en Suisse en 2005, puis a été rapatriée en Belgique et est installée au Luxembourg depuis le début de l’année. Depuis, nous avons développé notre offre aux grandes entreprises. J’ai aussi une activité de formation en entreprise, Next-in management.

Quelle différence perçois-tu dans le monde des affaires entre ces trois pays ?

En Suisse et au Luxembourg, les gens n’ont pas honte de vouloir faire du profit. En Belgique, un peu comme en France, l’argent est encore mal vu, personne n’ose en parler, n’ose le montrer. Je me souviens d’un client français qui a refusé de signer un contrat parce qu’il n’était pas à l’aise de faire affaire avec quelqu’un qui roule dans une belle voiture.

Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur, c’est une personne qui a un sentiment tellement fort d’être une anomalie dans le système qu’il n’a pas d’autre choix que de faire tout pour le changer. Et il ne peut pas le changer en étant salarié. Pour entreprendre, il faut oser se mettre en danger, il faut savoir faire face à l’adversité et il faut une bonne capacité à résister au stress. Celui qui a besoin d’une zone de confort permanente, il ne faut pas lui conseiller de se lancer dans l’entrepreneuriat.

Pour être entrepreneur, il faut trouver une manière de faire taire son cerveau droit !

Le cerveau droit va toujours trouver une bonne raison pour ne rien faire et nous ramener à des choses qu’on maîtrise ou qu’on connaît.  Il faut suivre son instinct mais faire confiance à son instinct n’est pas instinctif.

L’entrepreneur doit mesurer ses risques mais finalement, il y a peu de risques : on risque de perdre de l’argent, de perdre du matériel mais on ne risque pas notre vie !

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour valoriser l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat n’est pas enseigné et n’est pas encore assez ancré dans notre culture.  Quelqu’un qui prend un risque, qui s’investit à fond dans une entreprise et qui se plante : on va retenir l’échec et pas la réussite qui a précédé ! Il faut valoriser l’échec en enseignant l’ambition à partir de la primaire. Regarde une photo d’un téléphone en 1930 et aujourd’hui : ça a changé. Regarde une photo d’une voiture en 1930 et aujourd’hui : ça a changé. Regarde une photo d’une salle de classe en 1930 et aujourd’hui : rien n’a changé ! Il n’y a pas plus créatif qu’un cerveau d’enfant. D’ailleurs, ceux qui changent le monde sont ceux qui gardent leur cerveau d’enfant. Mais l’école ne développe pas assez l’imagination, la créativité, l’ambition, etc.

Quels sont les entrepreneurs que tu admires ?

J’aime beaucoup ce que fait Guillaume Gibault avec Le Slip Français. C’est original, décalé, il réinvente un produit très banal. ll souligne parfaitement ce que je dis à mes clients tous les jours : tout peut se vendre avec un bon marketing.

Le marketing est au commerce ce qu’un metteur en scène est au théâtre : il met en scène le produit !

J’admire Richard Branson qui est parti de la production de disques et qui veut maintenant envoyer des gens dans l’espace. Il donne l’impression qu’il peut tout faire, qu’il suffit d’une idée et de l’énergie pour le faire. Il se réinvente en permanence et il s’éclate à faire tout ça. Comme Elon Musk ! Avec eux, tout est réellement possible. Parfois, face à un obstacle, je me demande comment ils auraient fait. Et je me dis que leurs problèmes du quotidien doivent être mille fois pires que les nôtres.

Quels sont les livres qui t’ont marqué ?

« Réfléchissez et devenez riche » de Napoleon Hill. C’est un livre qui débloque complètement tous nos freins vis-à-vis de l’argent. Dans un autre style, le livre sur le fondateur de l’empire mongol Ghengis-Khan, « Le conquérant du monde » de René Grousset. Pour conquérir son empire, il doit faire face à toute sorte d’obstacles. C’était un vrai leader, un grand manager, un grand stratège et un grand gestionnaire.

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