Charlotte de Vissaguet, l’entrepreneur qui mixe électro et emploi

Charlotte de Vissaguet - Summer Festival & Job - éditions ContentA

Dès l’école de commerce, Charlotte de Vissaguet créait déjà sa première société avec 4 autres étudiants. De l’importance de s’associer avec des personnes qui ont des compétences complémentaires à sa vision de l’entrepreneuriat, rencontre avec une entrepreneur aux multiples casquettes qui a décidé de lutter contre le chômage avec… un festival de musique !


Comment écris-tu « entrepreneur » au féminin ? 

Entrepreneur. Je dis que je suis une « entrepreneur au féminin ». Je ne suis pas pour la féminisation des mots. 


Comment es-tu devenue entrepreneur? 

En parallèle de mon école de commerce, avec 4 autres étudiants, nous avons créé une société de communication et de formation. Nos compétences complémentaires nous ont permis d’apprendre les uns des autres. 

Tout est possible si on rencontre les bonnes personnes.

À la fin de mon master, une nouvelle opportunité entrepreneuriale m’a été proposée par un de mes proches. Cela m’a décidé à vendre mes parts de la société de communication et de formation. Avec ce nouvel associé, nous avons racheté une marque de textile en vente au tribunal de commerce pour un euro symbolique. Comme nos compétences se complétaient parfaitement bien, je l’aurais suivi, quel que soit le secteur d’activité. 

Après des investissements dans un bureau de stylisme à Paris et la réintégration de tous les anciens salariés, l’entreprise est bien repartie. Moins de 5 ans après,  avec plus 200 salariés en France et plus de 2 000 salariés en Italie, au Maroc et à l’Île Maurice dans les usines de production, notre pari était gagné. 


Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ? 

Être entrepreneur, c’est savoir exécuter une idée. C’est bien d’avoir une idée, mais c’est l’exécution d’une idée qui est intéressante et qui aboutit à une entreprise.  Le plus dur est souvent de déterminer par où commencer.

Entreprendre, c’est savoir décider, toujours dans l’intérêt de l’entreprise. 

L’entrepreneuriat demande d’y mettre tout son cœur. C’est une forme de passion. Un entrepreneur doit aussi savoir « séduire » pour que les clients aient envie d’adhérer à sa proposition, pour recruter les bons collaborateurs comme pour attirer les bons financiers. 

Il doit s’entourer des meilleurs associés. Personnellement, je ne pourrais pas entreprendre seule. J’ai besoin de m’entourer de personnes avec des compétences qui complètent les miennes. 

La réciprocité est indispensable entre associés. 

Quelle que soit l’aventure entrepreneuriale, un associé doit m’apporter autant que je lui apporte et je dois lui apporter autant qu’il m’apporte. 

Un entrepreneur est totalement indépendant mais surtout responsable de toutes les décisions qu’il prend parce qu’elles ont un impact sur l’ensemble de son environnement. 


Comment as-tu créé le Summer Festival & Job ?

En 2017, j’étais au stade Orange Vélodrome à Marseille pour un concert d’électro. Dans la loge, j’ai  rencontré deux startupers, Florian Berton et Frédéric Bardin, qui m’ont raconté leurs parcours d’ingénieurs. Ils avaient créé une société de contrôle d’accès pour les festivals, les théâtres, etc. et  une solution de paiement sans contact « cashless ». Dans cette même loge, la personne qui a créé ce festival, qui s’appelait encore le Summer Stadium, nous a expliqué qu’il voulait arrêter parce qu’il perdait de l’argent avec cet événement. 

Avec mon compagnon et les deux startupers que je venais de rencontrer, nous nous sommes demandés ce que nous pouvions  faire de ce festival d’électro. Aucun de nous quatre n’était spécialiste de la musique, mais nous avions chacun des compétences dans des domaines complémentaires et surtout l’envie de créer ensemble

Nous avons alors eu l’idée de mixer le festival d’électro avec un forum de l’emploi. 

Outre qu’il y a très peu de forums de l’emploi dans le sud de la France, nous trouvions que ces événements ne donnent pas envie. Nous voulions donc proposer un moyen fun de chercher un job, et de fêter le nouveau boulot décroché avec un super concert d’electro. 

Dès l’année suivante, nous avons monté tous ensemble le Summer Festival & Job. Il a réuni au stade Orange Vélodrome plus de 7 000 personnes pour la partie emploi et près de 26 000  personnes pour le festival de musique. Notre grande fierté est d’avoir des comptes équilibrés dès la première année du Summer Festival & Job. Notre but n’est pas de gagner de l’argent avec ce festival mais d’agir pour le territoire, pour cette superbe région qui a un taux de chômage bien trop élevé. L’autre fierté est d’avoir été élu parmi les 5 meilleurs festivals électro européens par les professionnels du secteur. 


Quelles autres activités as-tu développées ? 

Je suis directrice du master 2 marketing et communication de la Montpellier Business School depuis 5 ans. Avec ces étudiants, j’aime casser les codes de l’enseignement classique pour leur apporter un apprentissage par la pratique et par des exemples concrets d’entreprises et d’entrepreneurs. Adieu études de cas hors sol. 

Comme les cours sont le plus souvent en distanciel, j’ai créé les live experiences : je reçois des professionnels dans des secteurs d’activité variés. Quelques entreprises mettent les étudiants à contribution pour des problématiques concrètes des entreprises. Cela permet de faire émerger des étudiants très méritants… avec des embauches à la clé ! 

Plus récemment, j’ai passé un diplôme d’administratice d’entreprise pour entrer dans les conseils d’administration des sociétés qui me le demanderont. Mon objectif est alors d’être utile aux entreprises en leur apportant une autre vision que les financiers. 


Quel livre t’a profondément marquée ? 

J’ai été très touchée par « L’écume des jours » de Boris Vian parce que tout est dit à demi-mots. La première fois que je l’ai lu, je ne comprenais pas de quoi il s’agissait. Je voyais surtout la formidable histoire d’amour sous toutes ses formes, l’amour familial, l’amour fraternel, etc. C’est en le relisant que j’ai compris que ce nénuphar qui prend tant de place est un cancer ! C’est vraiment un livre poignant. 

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