Gilles Singh : « Donner la possibilité à des jeunes de s’épanouir dans l’électricité »

Gille Singh Cityelec - éditions ContentA

Arrivé d’Inde sans parler aucun mot de Français, Gilles Singh a réussi à développer les compétences nécessaires pour créer une entreprise dans le secteur de l’électricité. Rencontre avec un entrepreneur qui incite maintenant les jeunes à s’intéresser à ces métiers techniques d’avenir. 


Comment es-tu devenu entrepreneur ? 

Quand je suis arrivé en France en 2007, je suis devenu électricien dans une entreprise. J’avais déjà envie de devenir indépendant, de prendre des responsabilités et de gérer une équipe mais il fallait d’abord que j’acquière certaines compétences et certaines qualités. 

Pendant mes études en Inde, j’ai appris à ne pas me précipiter. Il faut prendre le temps de se développer et de développer ses idées. Alors j’ai d’abord appris le Français, la gestion administrative et surtout la relation avec les clients qui est la base de toute entreprise. 

La crise de 2008 a profondément touché le secteur du bâtiment. On ressentait encore ses effets en 2012. Mais j’ai quand même créé Cityelec avec Marie-Noëlle Joseph en 2013. J’ai rapidement compris que le plus important est d’avoir des contacts. Ce n’est pas parce qu’on ne trouve pas de clients qu’il n’y a pas de travail en France, c’est surtout parce qu’on n’a pas les bons contacts. 


Quelle est la mission de Cityelec ? 

Cityelec réalise des travaux d’électricité générale pour les particuliers, les professionnels, les bailleurs sociaux et les organismes publics. Notre mission est de créer encore plus d’emplois pour donner la possibilité à des jeunes de s’épanouir dans le secteur de l’électricité. 

L’électricité est un métier technique et on a besoin de toutes les bonnes volontés, de toutes les ambitions. Heureusement, les nouvelles technologies, particulièrement la domotique, commencent à attirer des jeunes. Mais même sans être doué en technique, il y a toujours du travail dans l’électricité. 

Je n’ai jamais vu un électricien compétent sans travail.

En plus, le comportement d’une personne compte autant que ses compétences. Le respect des autres, la ponctualité, la politesse, etc. sont des aspects indissociables de nos métiers. 


Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ? 

Un entrepreneur doit être prêt à faire face à toutes les situations. Il a beaucoup de droits, mais il a surtout des devoirs. Être entrepreneur, c’est être responsable de tous les collaborateurs comme de tous les clients, du plus petit au plus important ; c’est respecter ses engagements vis-à-vis de tous les partenaires. Pour qu’aucun partenaire ne souffre, l’entrepreneur doit assurer une bonne gestion de son entreprise. Avant de réaliser ses rêves, il faut d’abord payer les salariés et les charges. Et quand il le peut, un entrepreneur soutient les autres, il garde les bras ouverts, surtout en temps de pandémie.

Un entrepreneur ne réfléchit pas uniquement pour son entreprise, mais pour tout son écosystème. 

Les entrepreneurs sont des acteurs majeurs de la société, parce qu’ils ont des capacités à ne pas réfléchir uniquement en termes de business. Si les entreprises sont prospères, la société est prospère. Si les entreprises traversent des difficultés, la société traverse des difficultés. Et inversement. 

La santé de notre société est liée à la santé de nos entreprises.


Quel livre t’a profondément marqué ? 

« Chandi di var » (qu’on pourrait traduire par « Les actes de Chandi ») de Guru Gobind Singh est le livre d’un combattant de la vie. La vie peut être vue comme une guerre, une guerre à nous-mêmes, à nos défauts, pour rester maître de soi, ne pas être injuste, ne pas surestimer nos qualités et continuer d’apprendre. Ce livre est un parcours initiatique, héroïque voire philosophique et spirituel qui a eu une très forte influence sur moi. 

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