Davide Ballotta, l’entrepreneur du matelas naturel

Avec Kipli, Davide Ballota propose des matelas en latex 100 % naturel et des produits durables qui protègent notre planète et notre intérieur. Rencontre avec un entrepreneur engagé qui fait évoluer les modes de consommation.


Comment es-tu devenu entrepreneur ?

Je travaillais dans le digital, pour un moteur de recherches B to B. C’est là que j’ai rencontré mon associé Antoine Loredo. Le marché du matelas était en train de se développer grâce au digital, mais aucune marque ne proposait de matelas naturels.

90 % des matelas sont synthétiques, fabriqués à base de matériaux dérivés du pétrole.

Il existe pourtant deux alternatives naturelles : le latex naturel et la laine, mais la laine présente beaucoup d’inconvénients à l’usage. Je connais bien le latex parce que mon oncle avait une entreprise de latex en Italie. C’est vraiment une alternative naturelle très intéressante pour les matelas. Avec mon associé, nous avons fait des tests en Italie et nous avons lancé Kipli à l’été 2018.


Quelle est la mission de Kipli ?

Kipli propose des matelas en latex 100 % naturel, sans aucune substance nocive. Nous sélectionnons les meilleurs producteurs d’hévéa du Sri Lanka et de Malaisie qui fournissent une sève parfaitement blanche. Ce latex liquide est ensuite transformé en mousse puis en matelas dans une usine en Italie.

Notre mission est de proposer une alternative naturelle pour un besoin primaire, dormir.

Les housses de matelas sont en coton bio non blanchi et en laine. Pour que ce soit lavable, le rembourrage contient du polyester recyclé à partir de filet de pêche. Et le matelas est livré à domicile dans une toile de jute réutilisable à l’infini.

Le matelas naturel doit devenir le nouveau standard du marché.


Quels sont les projets de développement de Kipli ?

Nous voulons transposer le concept du matelas naturel dans tous les éléments de la chambre. Après les oreillers et le linge de lit, nous proposons un sommier en hêtre massif, fabriqué en France à partir de forêts durables, sans aucune colle chimique. Dans la même veine, nous développons une table de chevet. Et le canapé naturel arrive bientôt.

Autre marché à conquérir : le marché des hôtels. Les hôtels ont des contraintes différentes, notamment de poids du matelas parce que les lits sont faits tous les jours. Nous développons pour eux un matelas qui mélange le latex naturel avec des ressorts en métal enveloppés dans du coton bio. Les hôtels sont particulièrement sensibles à l’argument de la durabilité du produit. Un matelas naturel a une vie bien plus longue qu’un matelas synthétique.


Comment interprètes-tu les évolutions de consommation ?

Les consommateurs se posent de plus en plus de questions sur la durabilité de leurs achats, sur les matériaux utilisés, sur les conditions de fabrication, etc. Une question reste encore en retard : que devient le produit acheté après son utilisation ? On ne peut pas recycler les matelas synthétiques. Les matelas Kipli sont complètement biodégradables.

Les habitudes de consommation ont changé sur la nourriture, l’habillement, etc. mais pas encore sur les matelas, alors qu’on passe un tiers de notre vie à dormir !

Les alternatives naturelles ne sont pas encore assez connues du grand public. C’est pour cela que nous faisons beaucoup de pédagogie sur notre site. Je vois que la conscience des consommateurs a pris un tournant en 2018, en partie grâce à Greta Thunberg.

Quand on a développé Kipli, le naturel n’était pas encore une préoccupation majeure. Maintenant, quelqu’un qui lance un projet soutenable, responsable, durable, à impact peut trouver des financements.

Pour aller encore plus loin, nous participons à l’opération « 1 % pour la planète ». Cela signifie que nous versons 1 % de notre chiffre d’affaires annuel à une association qui se bat pour soutenir la planète. Nous avons choisi l’association Boomforest qui crée des forêts naturelles, y compris en milieux urbains.


Qu’est-ce qu’un entrepreneur selon toi ?

Un entrepreneur est quelqu’un qui sait prendre des risques. Par exemple, je n’ai pas utilisé mes économies comme apport d’un prêt pour un appartement, je les ai mises dans Kipli. C’est un risque mais c’est un risque calculé. En fait, je vis comme si Kipli pouvait s’effondrer demain.

Une entreprise n’est pas quelque chose d’acquis, il faut se battre tous les jours pour qu’elle perdure.

Être entrepreneur me permet d’être libre, de m’exprimer librement et de découvrir tous les jours. En ce moment, nous montons notre premier magasin physique qui ouvre le 1er mars 2020, rue du Temple. C’est encore un nouveau domaine de découverte pour moi, je dois tout apprendre.


Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir entrepreneur ?

Mon premier conseil est de rester concret. Il faut penser concrètement et essayer de devenir rentable le plus vite possible pour être libre.

Mon deuxième conseil est d’accepter de souffrir un peu. Dans l’entrepreneuriat, la zone de confort n’existe pas. Il faut rester concentré tout le temps.

Les entrepreneurs sont un type de personnes particulier. Il faut avoir vraiment envie de devenir entrepreneur ! 


Quel livre t’a marqué ?

Je conseille la collection sur l’éducation de Paolo Freire, notamment « Pédagogie des opprimés ».

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